Hassan Hami

3d International Haiku Seminar Trans-poetics (Rabat 3-4 May, 2019)

  Le voyage et le dilemme de l’identité 

                                                                                                                Hassan HAMI, PhD

Un débat a éclos récemment sur l’utilité du Haïku en tant qu’expression poétique utilisée par des poètes au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Nombreux ont été d’avis que cette forme de poésie serait étrangère à l’esprit arabe, étant une forme hybride qui entache la pureté de notre poésie. Un autre débat a été esquissé quand une poétesse marocaine, partisane de la poésie classique dans la tradition de Mutanabbi, d’Al Buhturi, de Shawqi, d’El Haloui, etc., a reçu un prix pour l’ensemble de son œuvre. Elle a été attaquée de toutes parts, même par des personnes qui ne se sont jointes au cortège, pour avoir une bonne conscience.

Un autre débat a frisé l’irréparable quand un cinéaste marocain a écrit un scénario dans lequel il est question de lever le décor d’une mosquée après la fin du tournage. L’édifice, conçu en bois démontable et en carton léger dans un terrain vague, a été assimilé à un sanctuaire et le détruire était considéré comme une profanation et un blasphème inacceptable.

Dans un pays du Caucase du Sud, certains cimetières regorgent de tombes où reposent, côte-à-côte, des personnes appartenant aux trois cultes monothéistes ou autres. Nombreux ont perdu la vie à la suite de manifestations politiques ou sociales ou d’accidents de l’histoire. Personne ne s’en émeut. Les tombes, ainsi creusées et les épitaphes auréolées, font partie intégrante du paysage sans que personne ne s’y identifie en multipliant les excommunications.

En 2001, au lendemain des attaques qui ont frappé les États-Unis, une polémique est née quant à la faillite des études orientales sur le monde islamique. Des érudits dans la tradition la plus scolastique, des orientalistes piqués dans leur honneur, des intellectuels tirés sur le volet, se sont empressés de se défendre et de battre en brèche les arguments des meutes de négationnistes.

Sur le Haïku, les amoureux de cette forme d’expression poétique ont rappelé à leurs détracteurs que la poésie évolue au rythme des sociétés et que la poésie a emprunté des voies que symbolisent les poèmes à forme fixe, Le sonnet, L’Ode, La Ballade, Le Lai, Le Rondeau, La Forme libre, La Poésie en prose, etc. Les poètes partisans de la poésie classique raffolant des strophes et des rimes sont montés au créneau en observant que le mouvement de contestation actuel ne fait que reprendre les griefs orchestrés, à partir des années 1940-1970, par des critiques intraitables à l’encontre des partisans de la poésie en prose. Le monde à l’envers!

Curieusement, les mêmes critiques ne se gênent pas d’applaudir toutes les formes de fusion musicale qui, depuis des décennies, voyagent dans les oreilles en mélangeant les styles dans un effort de modernisation et de recherche esthétique avant-gardiste.

Pourtant, toute l’idée de la production littéraire, artistique et scientifique est d’avoir droit à la parole, à l’expression et à la communication. Le débat va encore plus loin. Il porte sur la revendication identitaire exprimée dans une forme reconnue en tant que telle par “la communauté des intellectuels” ou par “ceux qui s’identifient en tant que tels”, abstraction faite de leurs préférences esthétiques, de leurs choix idéologiques ou de leurs projets culturels.

Il en est de même pour les auteurs qui font du voyage leur sacerdoce et leur locomotive pour extraire de ses profondeurs l’inspiration idoine, synonyme d’accomplissement et de renaissance à soi-même. Je peux avancer, sans puiser dans la prétention, que je m’y suis exercé dans ma quête initiatique revue dans le sens de l’emprunt culturel réciproque. Et quelle récolte au terme du voyage ! Le choc de l’apprentissage et les contradictions que recèlent les processus d’assimilation, d’inclusion, d’exclusion, d’ostracisme ou d’altérité apportent un éclairage sur le besoin identitaire à dominante existentielle.

Le choc de l’apprentissage : la renaissance graduelle à soi-même.

Le voyage, pour peu qu’il soit perçu dans sa dimension découverte et quête du savoir, offre l’opportunité de relativiser les choses. La relativisation de ses propres valeurs arrive en tête de cette revendication. Le choc de l’apprentissage est certes une arme à double tranchant, mais il permet de sortir de son hibernation et d’ajuster sa dissonance si elle devient hégémonique. C’est une étape incontournable vers l’esquisse d’une confrontation aiguë entre le couple identité-appartenance et altérité-exclusion. La progression des deux prend la forme d’une remise en cause radicale des valeurs des autres et la sacralisation des siennes. Le temps imparti à l’adaptation n’est jamais suffisant.

Le danger réside, toutefois, dans la propension à jeter l’éponge et à sombrer dans le dénigrement. Cela passe par des étapes critiques faisant que l’on chemine, à son corps défendant, vers un état où la ligne de démarcation entre l’attachement à sa propre culture (et donc aux valeurs intrinsèques qu’elle véhicule) et sa remise en cause – pour ne pas dire son rejet total – est très difficile à tracer. Le culinaire passe par là, tout comme le vestimentaire et toutes les formes de l’esthétique. Mais la faculté de bien tester prend du temps. Cette phase de transition interpelle et plonge parfois dans un monologue assassin de toute forme d’intelligibilité de l’action qui serait susceptible de déclencher un mouvement salutaire vers le dépassement du statu quo – pour ne pas dire la condamnation de la stagnation totale.

Tout d’abord à travers la perception exagérée de l’exclusion. De la curiosité – passage obligé de la confrontation du Moi avec les autres- on débouche sur l’opacité réactionnelle en tant que bouclier et fuite en avant. C’est le refus de se déclarer vaincu dans une lutte qui sent le vinaigre. Certains, l’intelligibilité du processus expliquant, se rabattent sur le plus facile : le dénigrement de leurs propres valeurs devant les autres. Ils font amende honorable qui ne les dédouane pas pour autant. De la schizophrénie dans toute sa superbe !

Le dénigrement est constaté par exemple dans le comportement de nombreuses personnes appartenant à l’espace nord-africain. Se faire accepter par les autres équivaudrait, dans l’entendement de ces personnes, au rejet (ou semblant rejet) de leurs propres valeurs pour avoir droit au chapitre. Ce droit, ils ne l’auront jamais, car les autres traversent la même épreuve identitaire. Le télescopage des valeurs n’est qu’un alibi. L’objectif, serait la recherche de la consécration de l’ascendance d’une culture par rapport aux autres. La bataille des valeurs devient générale, quoiqu’en prétendent les partisans de la culture de l’universel.

Antinomie et complémentarité entre altérité et assimilation

La bataille fait naître une autre problématique, celle qui oppose l’altérité à l’assimilation. Il n’existe pas pour ainsi dire un chemin médian entre les deux. L’altérité n’est jamais guérissable même si tous les efforts se conjuguent pour la contrôler, à défaut de la bannir. L’assimilation n’est pas réalisable à cent pour cent, même si l’adoption de certains comportements le laisse apparaître. Question additionnelle : où commence l’assimilation et où s’arrête l’altérité ? Il ne se passe pas un jour sans que l’actualité informe sur des faits jugés insensés commis par des personnes qui recourent à des actes criminels ou terroristes alors que l’examen de leur comportement au quotidien, dans le passé récent, ne laisse présager aucun danger de leur part. Si bien, par exemple, que la catégorisation des cellules dormantes — pour les présumés terroristes — et les terreaux de la criminalité — pour les membres du crime organisé — importent peu dans la mesure où le mal est fait. Mais, à force de se boucher les oreilles et de se coudre la bouche, les sociétés finissent par avoir la mémoire gommeuse et entament, sans en être forcément conscientes, leur descente vers l’enfer.

L’appartenance à une culture et le ressourcement dans une civilisation sont un droit inaliénable – pour utiliser une expression à la mode. La fierté que l’on ressent à cet égard n’est pourtant pas le menu quotidien de tout le monde. Preuve en est ce que j’ai pu constater dans certains pays. Il y a une sorte de coupure entre des ordres libellés “anciens” et les ordres libellés “nouveaux”. Cette coupure devient profonde au fur et à mesure que les revendications identitaires tentent de se neutraliser. Les ordres sont utilisés comme des boucs émissaires pour régler les comptes réels ou fictifs. Si bien que des franges importantes de certaines sociétés dans le Caucase du Sud, l’Asie centrale et l’Afrique de l’Ouest n’hésitent pas à regretter le mode de vie sous les anciennes puissances coloniales. La nostalgie se transforme en une sorte d’auto-flagellation, quand bien même les auteurs des critiques seraient les bénéficiaires des privilèges légués. Une sorte de strabisme (et de schizophrénie) s’installe chez eux. Ils dénigrent une partie de leur propre culture en utilisant entre eux la langue et les pratiques de l’ancien ordre et prétendent, pour la parade, défendre cette même culture à des fins de consommation intérieure. La confrontation est dure!

Cela rappelle une certaine époque au Maroc durant laquelle des personnes se vantaient de ne pas connaître l’Arabe ou de souscrire à certaines fêtes prisées par la communauté. Un bémol s’invite cependant dans le cas des pays comme l’Iran, l’Azerbaïdjan ou l’Ouzbékistan où deux attitudes sont observées. En dépit des apparences, la diversité ethnique de ces pays dissout l’ascendance persane, azerbaidjanaise ou ouzbèk. En privé, les Iraniens, ouverts sur le monde, regrettent les années glorieuses d’avant la révolution islamique ; les Azerbaidjanais, en observation mutuelle, rêvent des années caractérisées par le sentiment ”de vivre en commun dans le strict minimum salvateur” et les Ouzbeks entendent ressusciter les étapes des arrangements ethniques sous un socle commun archivé dans des épopées qui avaient marqué une bonne partie du creuset civilisationnel de toute la région. En public (devant des étrangers notamment), la détermination avec laquelle toutes ces personnes défendent leur appartenance présente est épique. On ne peut pas dire autant pour certains ressortissants arabes versant dans différentes formes d’assabiyyat. Ils mélangent, sans se gêner, les repères et renvoient aux calendes grecques les soupçons d’unité ou de concordance qui les narguent par moments.

C’est ce qui remet en cause la thèse sur le destin commun des peuples grâce à l’identité culturelle et civilisationnelle. Les exemples sont abondants en la matière. On en retiendra quatre : la tragédie des deux Corée, le dilemme sino-taiwanais, l’absurdité maghrébine et la tragi-comédie du Golfe arabe. Tous ces cas font de l’ascendance culturelle leur sacerdoce. En réalité, l’impasse défie les attentes. La politique joue, hélas ! ses cartes dans les parages. Toutefois, plus inquiétante est la démission de la communauté des “intellectuels”, de la société civile — et plus généralement, la vacance des élites qui se réduisent comme une peau de chagrin chaque fois qu’ils sont appelés à s’investir dans le renouveau identitaire ou la revendication existentielle. Chez les uns, l’usure du pouvoir les place dans une situation d’hibernation intellectuelle criarde de sorte qu’ils démissionnent et se rangent dans la ligne des attentistes bronzant sous le soleil de la nonchalance. Chez les autres, la pensée unique est la seule réponse aux défis du changement, fermant la porte devant la tentation d’ouvrir une brèche dans le statu quo. La priorité est réservée à la stabilité de l’ordre social et à la consolidation des acquis qui s’étiolent pourtant à reculons. Ils n’en ont cure !

Or, curieusement, c’est l’identité plurielle qui se trouve bafouée. Une question s’invite toutefois : si on laissait de côté le poids des survivances, quel serait l’effet des nouvelles identités fast-food propulsées par la mondialisation promue, pour sa part, tambour battant sans gants de velours mettre? Logiquement, l’identité plurielle devrait être un facteur d’enrichissement, d’ouverture et de progrès. Il n’en est rien chaque fois que le débat porte sur des questions taboues se rapportant à la religion, à la laïcité ou à l’athéisme. Les efforts d’accommodation, de compromis et d’emprunts édifiants s’estompent pour céder la place à l’agressivité et à l’intolérance. Les diatribes virulentes explosent à travers des procès épiques sur l’islamophobie, l’antisémitisme, la xénophobie, le racisme, l’ostracisme, etc. L’exploitation politique et idéologique de ces débats est un secret de Polichinelle. Pourtant, le doigté et la mesure devraient être le fer de lance de la perception salutaire des différences sans transgresser l’essentiel dans la phase transitoire de l’accommodation-cohabitation.

Apprentissage détaché et prétention dosée 

J’ai exploré – et expérimenté – quelques bribes de ce magma existentiel à travers les voyages et les séjours que j’ai effectués dans quatre continents de par mes obligations professionnelles. Le dilemme a été de pouvoir trouver la ligne de conduite idéale pour traverser les divers dépaysements culturels sans laisser des plumes. Parallèlement, le souhait a été de réussir à communiquer avec les autres sans les agresser outre mesure ou perdre au change. Obligation de réserve obligeant, je me suis rabattu sur la littérature pour conjurer mon sort et repartir de plus belle dans une quête que certains appellent initiatique.

Je m’en suis sorti avec plus de bonheur que je ne l’imaginais. Tout d’abord, un roman sur Maastricht en pleines tractations sur la création de l’Union européenne : La fuite à l’envers. Une sorte de trilogie qui s’interroge sur l’intégration, l’inclusion, l’exclusion, l’islamophobie, l’antisémitisme, l’altérité et l’absurde au moment où l’Europe s’interrogeait sur son devenir – au lendemain de l’effondrement du Bloc de l’Est – et où les pays en développement – notamment africains – subissaient les foudres de la conditionnalité imposée par les apprentis sorciers. Mais, plus est, c’était une quête de justification de l’existence de mondes parallèles et d’espaces culturels au sein même de l’Europe géographique que le souci de l’unité, tiré par les cheveux, allait étouffer et renvoyer aux calendes grecques.

Ensuite, d’autres créations ont suivi. Deux romans écrits aux lendemains des attaques terroristes du 11 septembre 2001 : Il a neigé du feu en septembre et Scratches Never Heal. Ils racontent les péripéties d’une tragédie vécue par des communautés que le deuil, la phobie, l’insécurité, la surprise et l’hécatombe leur ont permis de renaître à leur existence. Ils découvrent le vide dans toutes ses dimensions : le rêve américain qui se transforme en cauchemar et l’individualisme, prisé depuis Belle Lurette, qui se trouve orphelin de ses marques de fabrique.

Dans la même foulée, un roman intitulé Sparkling Ashes Over The Rainbow et une série de nouvelles regroupées dans un livre intitulé Twisting Towards The Rolling Stones dont l’inspiration a émergé au Royaume Uni, en Azerbaïdjan, en Ouzbékistan et au Maroc. Le premier est une interrogation sur le changement climatique à travers l’histoire de quatre femmes dont le destin a été scellé dans cinq pays : le Maroc, les États-Unis, le Danemark, l’Azerbaïdjan et l’Afghanistan. Les nouvelles mettent en équation le choc des cultures et les appréhensions d’acteurs en souffrance de repères, mais qui s’acharnent à ne pas passer le témoin ou rendre le tablier.

La poésie n’a pas été en reste. Deux recueils de poèmes ont été écrits aux États-Unis et en Azerbaïdjan : “هوس الدوالي” و”تراتيل القزوين”. Ils brassent la condition humaine et les emprunts réciproques entre les cultures sans sombrer dans la vénération des unes ou la négation des autres.

Le voyage a offert également l’opportunité d’écrire des livres plus terre à terre, notamment en théorie des relations internationales : “L’ambivalence salutaire : essai sur la logique du conflit et de la coopération au Maghreb”; “Vouloir et pouvoir dans la périphérie arabe” et “Le système international en transition : de la prolifération des acteurs au désordre programmé”. Il s’agit d’essais qui s’efforcent de confronter, de la manière la plus réfléchie, théorie et pratique dans la perception du fait politique et de ses impacts sur le comportement individuel et collectif dans un monde empêtré dans ses euphories imaginaires. Un exercice plutôt périlleux et dangereux tant il est vrai qu’il fallait ne pas confondre les genres ou se laisser aller sans prendre les précautions nécessaires. Mais ces efforts ont été placés éminemment sous l’angle académique — du moins c’était toujours mon ambition.

Or, le voyage, en tant que source d’inspiration, perd de son superbe face à l’hégémonie de l’espace cybernétique. La culture fast-food prend le dessus. Et l’on se trouve parfois à jouer le rôle de pompier de service pour corriger les fausses perceptions et, dans la mesure du possible, remettre les pendules à l’heure. Effort souvent vain, car les outils de la résistance sont plus coriaces et finissent par décourager. En fait, la culture à la carte ébranle parfois les convictions. Elle épingle les certitudes et les vérités premières. C’est ce qui explique l’affolement cognitif qui s’empare des acteurs (individus et collectivités) et traduit l’acuité avec laquelle les improvisations prennent quartier dans le plus raisonnable des mondes.

La raison en est l’impossibilité pour les détracteurs de tous bords et des attentistes dans les tours d’ivoire de s’adapter ou de prendre le train en marche. Se pose, alors, la question de la pertinence des solutions toutes faites que proposent les objecteurs de conscience et les touche-à-tout invincibles dans leur retranchement de certitudes – et donc la longévité de toutes les formes d’interactions culturelles qui se veulent être une passerelle des accommodations au lieu d’être une invitation à la confrontation. De la volonté de s’offrir une place au soleil naît une propension à se protéger, coûte que coûte, contre les rayons qui réchauffent la face sans aller jusqu’à la brûler. Que de temps et d’énergies perdus !

Mais une chose est certaine, on ne reste jamais la même personne au terme d’un voyage aussi bercé dans l’imaginaire qu’il puisse être. Les interrogations initiales et les agressions culturelles subies au bout de l’exercice ouvrent les yeux et rendent possible la mise à niveau de l’entendement. Et c’est déjà une première victoire contre les vérités premières et la supériorité sui generis d’une culture sur les autres. La culture de l’universel est une expression qui ne peut plus se cacher derrière le slogan de l’unification des symboles et des expressions. La diversité culturelle est là pour relativiser les dogmatismes et les bannir en fin de compte.

C’est bien ce qui fait l’originalité de cette pléiade de participants qui viennent d’espaces culturels différents, mais qui partagent la passion de se découvrir au génie de l’Homme, celui de la lutte contre la solitude et la négation que la technologie a créées sous prétexte de vouloir rendre service à l’Humanité. Que le voyage continue. Car c’est le seul moyen offert à nous autres pour renaître à nous-mêmes dans la clarté que nous appelons de nos vœux à longueur de journée ! Une clarté que nous retrouverions dans toutes les formes d’expression qui sacralisent l’Homme sous ses diverses apparitions pour le rendre encore plus mortel – et donc plus généreux dans sa quête de la perfection. 

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